Les représentants des clubs néerlandophones ont été clairs lors de la réunion qui s'est tenue avec les représentants francophones jeudi dernier à Buizingen. Ils réclament leur indépendance. Le Conseil d'administration de la FRNP prône une scission administrative, voire financière, sans scission sportive. Les Néerlandophones veulent une indépendance complète.

Pourquoi? Tout simplement parce que depuis des années, depuis des décennies, les postes clés du pouvoir ballant ont été détenus par les Francophones. Les Flamands se sentent donc bridés, sans pouvoir, au sein d'une fédération qu'ils jugent trop francophone, alors que les équipes du Nord du pays dominent les championnats nationaux. Tollembeek, le premier champion néerlandophone, Buizingen, Baasrode, Kerksken, Terjoden ont été champions de Belgique. Depuis 1981, année qui avait sacré Feluy, les Francophones ont dû attendre 1994 avec l'éphémère domination d'Ottignies, pour reconquérir les écussons nationaux au plus haut niveau. Depuis 1994, Courcelles, appelé ensuite Charleroi, a été champion à quatre reprises consécutivement (1997 à 2000).

Les équipes du Nord du pays ont depuis repris le pouvoir, excepté lorsque Neuville, avec l'éclosion de Benjamin Dochier, passé depuis à Kerksken, a été sacré en 2004.

La parité

La plupart des titres nationaux conquis au Nord, excepté lors de la domination de Tollembeek, l'ont été avec majoritairement des joueurs francophones au sein de l'élite.

Dans les structures nationales, le conseil d'administration a été composé de deux représentants par entité, excepté les postes de président, secrétaire et trésorier, tous tenus par les francophones. Il y a six entités au total, dont une néerlandophone, l'entité Vlaanderen.

Les clubs flamands en ont leur compte. En réclamant leur indépendance, ils sont en mesure de réclamer la parité, dont ils sont loin aujourd'hui, au sein d'une coupole nationale. Pour ceux-ci, qui réclament l'application intégrale du décret flamand pour pouvoir bénéficier des subsides du Bloso (l'équivalent de l'Adeps au Nord du pays), les championnats sportifs doivent être scindés.

La coupole nationale ne gérerait qu'une sorte de «play-off» qui réunirait, dans le bouquet final, les meilleures équipes, deux, voire trois, pour désigner le champion de Belgique.

C'est un véritable séisme qui secoue le monde ballant, qui n'en avait pas besoin alors que les prémices d'un renouveau pointaient le bout du nez. Les clubs francophones, qui alignent des équipes au niveau national, seront consultés ce mercredi à Lodelinsart. La situation leur sera expliquée, leur avis sera demandé. Mais, qu'ont-ils comme marge de manoeuvre?